Interception de 44 migrants subsahariens au large de la Tunisie

Dans la nuit de samedi à dimanche, 44 migrants subsahariens ont été interceptés par les garde-côtes tunisiens au large du pays, alors qu’ils tentaient de migrer vers l’Europe. Selon la plateforme d’urgence Alarm Phone, citant des survivants, trois personnes seraient décédées durant cette tentative de traversée.

Les départs de migrants se poursuivent depuis la Tunisie. Les garde-côtes tunisiens ont intercepté et “sauvé”, dans la nuit de samedi 1er à dimanche 2 octobre, 44 personnes sur une embarcation, selon la page Facebook du porte-parole de la direction générale de la Garde nationale du pays. Il s’agirait de migrants originaires d’Afrique subsaharienne, précise cette même source.

La plateforme d’appels d’urgence Alarm Phone, qui répertorie les bateaux en demande de sauvetage en mer, affirme de son côté que “41 passagers ont été interceptés sur une embarcation à Sousse” et fait état de victimes. “Les survivants nous ont rapporté que trois personnes étaient décédées durant la traversée”, affirme l’organisation.

“Nous avons été prévenus qu’un bateau avait quitté Sfax le matin du 28 septembre avec 41 personnes à bord, dont 5 enfants. Une passagère et un proche de passager nous ont indiqué que 3 d’entre eux avaient perdu la vie “, nous indique un membre d’Alarm Phone.

 

Mobilisation des garde-côtes

Ces tentatives de migration clandestine ne sont pas isolées. Ces derniers jours, Alarm Phone signale avoir reçu des alertes SOS de plusieurs embarcations en détresse parties de Tunisie en direction de l’Italie.

Les autorités tunisiennes sont sur le qui-vive. Le communiqué de la garde nationale souligne qu’entre les 1er et 2 octobre, sept candidats au départ, tous tunisiens, ont été interpellés sur l’île de Kerkennah, en face de Sfax, plus au sud, alors qu’”ils s’apprêtaient à franchir les frontières maritimes”.

Selon la même source, sept autres tentatives de rejoindre l’Europe par la frontière maritime ont été empêchées entre jeudi et vendredi dernier (à hauteur du centre et du sud du pays), et 151 personnes ont été “sauvées”, dont 85 Subsahariens. Au même moment, six autres personnes qui s’apprêtaient à tenter la traversée ont également été arrêtées par la garde nationale dans les régions de Mahdia (centre-est) et Nabeul (nord-est).

Interceptions et drames en mer

La Tunisie reste un important point de passage pour les migrants d’Afrique subsaharienne. Dans un contexte économique et social tendu, les traversées clandestines au départ des côtes tunisiennes, à destination principalement de l’île italienne de Lampedusa, à quelques 150 kilomètres à vol d’oiseau, restent légion. Tout comme les tentatives avortées.

Elles concernent aussi bien les migrants subsahariens venus d’Algérie ou de Libye voisines, à l’avenir incertain à défaut de droit sur l’asile, que les Tunisiens en quête d’autres horizons.

 

Le Forum tunisien pour les droits économiques et sociaux (FTDES) fait état de 23 517 migrants interceptés par les autorités locales depuis le début de l’année. Un pic ayant été signalé en août avec 5 713 personnes interceptées, auxquelles se sont ajoutées plus de 2 000 autres début septembre.

Or, les traversées sont souvent périlleuses. Le 6 septembre dernier, le naufrage d’une embarcation partie de Sfax (plus au sud), avait fait 12 morts de nationalité tunisienne. En août, huit personnes, dont quatre enfants, avaient également perdu la vie dans un naufrage au large de Kerkennah.

Le FTDES comptabilise en outre 507 migrants morts et disparus depuis début 2022. Rien qu’entre août et mi-septembre dernier, ce nombre concernait 78 candidats à la migration.

Certaines tentatives de traversée des frontières ont néanmoins été fructueuses : le FTDES recense 13 980 migrants tunisiens arrivés en Italie en 2022.


Source:Infomigrants